Le no-code est un des buzzwords actuels sur internet dont certains promettent que cela va révolutionner la manière de créer des applications. Il s'agit d'outils qui permettent de faire sites web ou applications sans avoir à écrire une ligne de code en utilisant principalement un éditeur visuel à base de drag&drop.

Historiquement on peut remonter cela au website builder de Geocities dans les années 90 mais l'évolution c'est accélérée ces dernières années, probablement grâce à l’émergence de javascript et aux performances des moteurs de rendus des navigateurs. Ces derniers sont devenus tellement puissants que Google a imaginé des ordinateurs portables où il n'y aurait finalement plus qu'un navigateur qui ferait tourner toutes les applications. Fini les logiciels lourds à la Word, on crée des documents dans son navigateur avec des applications tels que Google Docs.

Et si on peut créer des documents ou des feuilles de calculs, est-ce qu'on ne pourrait pas carrément réaliser des applications en tant que tel ? Les sites "statiques", on sait déjà faire avec les CMS (WordPress, Drupal, etc.) puis leurs évolutions SaaS tels que Wix, Squarespace ou Weebly, alors pourquoi pas des sites dynamiques/intelligents qu'on appellerait "applications" ?

Bubble.is, fondé en 2012, est à priori la première plateforme no-code à avoir réussi à fournir un tel service de manière suffisamment convaincante pour attirer assez de client et devenir profitable. Initialement ce service pouvait être vu comme un moyen efficace de prototyper un produit/service en vu de trouver ses premiers clients (growth hacking) ou lever des fonds. Mais Bubble est devenu assez mature pour des sociétés qui l'utilisent désormais pour des applications en productions. Par exemple, Meetaway qui permet la création de sorte de meetups virtuels en vidéo.

Bubble est une plateforme no-code et se veut générique, on peut potentiellement faire n'importe quel type d'application avec. Cela permet d'attirer plus de clients mais la rend aussi potentiellement plus complexe à utiliser. Tout un eco-système c'est bâti autour de Bubble pour proposer des cours, des exemples ou des plugins afin d'accompagner les créateurs. Le meilleur exemple étant Zeroqode qui fournit toute une série de services autour de Bubble.

Une petite phrase qui résume bien l'ambition de Zeroqode :

"The goal is to make Zeroqode for complex web applications what Themeforest/Wordpress have become for simpler websites" - Levon from Zeroqode

Quels avantages ?

Les avantages sont nombreux pour l'usage d'une plateforme no-code :

  • formation rapide à l'outil et potentiellement pour plus de personnes que des développeurs. Cela permet aux entreprises d'éviter la problématique de recrutement des développeurs, un métier actuellement en tension
  • exécution rapide dans une époque où le time-to-market est une valeur clée
  • robustesse du produit fini car lié à une plateforme et utilisation uniquement de fonctionnalités prédéfinies donc normalement moins de bug possible. La plateforme impose un cadre fort (ce qui est une contrainte également)
  • réusabilité importante des composants et existences de templates tout fais (écosystème)
  • rendu immédiat donc permet l'effet tunnel et convient à plus de gens (à la différence du dev)
  • financièrement intéressant car limitation des coûts

Quels inconvénients ?

Les avantages précédemment cités sont valables dans le meilleur des cas d'une plateforme ou d'un outil no-code. Mais il ne faut pas occulter un certains nombres de problèmes (dont une grande partie est liée à la jeunesse du concept et donc de la plupart des outils) :

  • documentation pas toujours complète et à ce jour uniquement en anglais
  • limite technique à ce qu'il est possible de faire et cadre fort qui limite les possibilités
  • dépendance à la plateforme et donc à l'entreprise qui la fournit :
  • problématique de la sécurité
  • disponibilité du service liée à la plateforme

Les domaines pour le no-code

Les plateformes essaient de proposer des fonctionnalités génériques pouvant servir à n'importe quel type de produits de service mais il existe aussi de nombreux outils dédiés à différent domaines. Quelque exemples où le no-code est particulièrement présent :

  • Chatbot : c'est techniquement contraignant de développer ainsi que d'héberger un chatbot. Un nombre important d'outil se sont développés là dessus. Ex : chatfuel
  • API : les APIs sont les portes d'entrées vers des services ou de la données. C'est un enjeu majeur dans les architectures techniques modernes. On peut en construire sans coder très facilement aujourd'hui, par exemple à partir d'une feuille excel. Ex : sheety
  • Applications mobiles : tout le monde veut sont appli sur les app stores, ce qui est très compliqués à mettre en oeuvre (programmation, hébergement, déploiement...). Les options sont spécialisés et nombreuses. Ex : Glide
  • Sites web, landing pages, web apps, base de données...

En bref, on peut croiser n'importe quel buzzword avec "no-code" et on trouvera l'outil qui va bien.

No-code VS low-code ?

Il ne faut pas confondre le no-code et le low-code qui est une autre tendance forte mais plus orienté entreprise. On peut citer en exemple Salesforce ou ServiceNow qui propose des environnements puissants et complets mais que les entreprises vont pouvoir s'approprier encore plus avec l'aide de code. Il s'agit généralement de techno web type Javascript mais qui vont s’exécuter dans le contexte de la plateforme et donc bénéficier d'une couche abstraction importante pour profiter de la puissance de la plateforme. Peu de code à écrire mais avec un impact important pour customiser la plateforme aux besoins de l'entreprise.

Le futur

Le no-code n'est finalement que la "commoditisation" du développement web et qui à mon sens peut être amener à une baisse importante de la demande pour des développeurs web peu qualifiés ou trop spécialisés sur des CMS. Il y aura toujours une nécessité de développeurs maîtrisant des frameworks de programmation avancée pour des projets complexes. Mais les agences web réalisant leurs sites web principalement avec des CMS types WordPress ou Drupal ne survivront pas si elles ne s'adaptent pas aux outils no-code qui sont l'évolution logique des premiers CMS.

Si le sujet vous intéresse, n'hésitez pas à me contacter -> alex@hosakka-stud.io